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L'offre américaine d'œufs hors cage semble avoir culminé sous la moitié du cheptel

Record de 150,7 millions de pondeuses hors cage en août, mais leur croissance passe sous celle du cheptel et LEAP juge le segment proche de la saturation.

Ralitsa Videnova
Ralitsa VidenovaAnalyste ingrédients alimentaires
Publié le 10 septembre 2026 · Mis à jour le 12 septembre 20263 min de lecture

Les effectifs de pondeuses hors cage aux États-Unis ont atteint une moyenne de 150,7 millions en août, contre 150,2 millions en juillet, un record absolu et un peu plus de 10 % au-dessus de l’an dernier, selon les données de l’USDA-AMS. Le chiffre qui compte est celui qui se cache derrière : la croissance a désormais assez ralenti pour passer sous celle de l’ensemble du cheptel de pondeuses d’œufs de consommation. LEAP Market Analytics y lit un segment hors cage ayant probablement culminé un peu en deçà de la barre des 50 % de la production du secteur, sauf nouvelle inflexion politique au niveau des États ou au niveau fédéral, ou changement d’avis des industriels de l’agroalimentaire et des consommateurs.

LEAP le dit plus crûment qu’un simple équilibre : la catégorie serait plutôt proche de la saturation, et pourrait devoir se contracter quelque peu dans les prochaines années par rapport au reste du secteur. L’économie l’explique. Certains marchés hors cage sont en passe de sous-performer le conventionnel d’au moins 0,25 $ la douzaine cette année, sur la performance des prix spot de gros, et cette décote est difficile à porter quand les coûts des intrants d’un élevage hors cage dépassent typiquement d’au moins 20 % ceux d’un élevage conventionnel de taille et de localisation comparables. Les stocks hors cage ont atteint 462 000 caisses de 30 douzaines en début de semaine, le plus haut depuis avril et 60 % au-dessus d’il y a un an.

Les exportations vivent leur meilleure année depuis 2021

Le programme d’exportation apporte une note plus positive. Les expéditions d’œufs de consommation de juillet ont approché 320 millions en équivalent œufs coquille, en hausse de 51 % sur le même mois de l’an dernier et le plus fort total mensuel depuis mai 2023. Cela a porté le volume de janvier à juillet au-dessus de 1,78 milliard, soit une progression de 29 % sur le rythme de 2025, et LEAP projette 3,41 milliards sur l’année entière, en hausse de 40 %.

Il faut toutefois relativiser. Chaque année de 2010 à 2021 a vu des exportations annuelles d’au moins 3,50 milliards : la reprise de cette année reste donc en deçà d’une barre qui était autrefois ordinaire. Le Canada a fortement réduit ses importations d’œufs américains après avoir développé son propre secteur de l’œuf de consommation, dont la production a progressé de 9,2 % l’an dernier, et il en a pourtant encore absorbé 22,5 % et est resté la première destination sur les sept premiers mois. Les exportations vers la plupart des autres pays devancent largement l’an dernier, et c’est ce qui a fait la différence.

LEAP s’attend à ce que les exportations absorbent au moins 4,0 % de la production intérieure d’œufs de consommation ce trimestre, avec un chiffre comparable pour les œufs coquille en particulier. Sur l’essentiel des quatre dernières années et demie, cette mesure se situait sous 3,0 % : le basculement compte donc pour l’écoulement intérieur, sans être décisif. La disponibilité intérieure par habitant en œufs coquille a progressé de 2,0 % au premier semestre, et LEAP table sur des hausses d’au moins 4,0 % au second, ce qui dit à quel point la reprise des exportations absorbe réellement la croissance de l’offre.