Les exportations de pétrole du Moyen-Orient, hors Iran, ont retrouvé leurs volumes d’avant-guerre. Les acheminer est une autre affaire.
Les expéditions par Ormuz restent à environ un tiers de leurs niveaux d’avant-guerre, si bien que les cargaisons empruntent d’autres routes et que le fret se paie en conséquence. Bloomberg évalue la composante transport entre 20 et 25 USD/baril, contre 3 USD en moyenne avant le conflit, et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) chiffre le transport par grand pétrolier du Golfe vers l’Asie à plus de 37 USD/baril, soit cinq fois le coût d’avant le conflit. Les raffineurs d’Asie et d’Europe absorbent ce surcoût sur leurs marges et, avec des stocks maigres, ils ne peuvent pas différer longtemps leurs achats de brut. C’est ce qui empêche les contrats à terme sur le pétrole brut Brent de reculer fortement chaque fois que le conflit semble s’apaiser.
L’Europe est en même temps sous tension sur le gaz. Les contrats à terme sur le gaz TTF néerlandais sont au plus haut depuis décembre 2022, les stockages étaient remplis à 74,6 % le 20 octobre, contre une moyenne sur cinq ans de 89 %, et les premiers soutirages de l’hiver ont déjà commencé. Le JKM spot dépasse le TTF novembre, ce qui oriente les cargaisons disponibles vers l’Asie. Les États-Unis paraissent à l’aise en comparaison, avec une météo douce, des stocks supérieurs à leur moyenne sur cinq ans et des prix du gaz naturel Henry Hub au plus bas depuis plusieurs semaines.
Les banques centrales bougent. La Réserve fédérale a relevé ses taux pour la première fois en trois ans, à l’unanimité, et la plupart de ses responsables ont signalé une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année. L’indice américain des prix à la consommation de septembre est ressorti à 3,7 %, avec une essence en hausse de 9,1 %. La BCE semble bien partie pour relever ses taux au moins une fois de plus au quatrième trimestre.
Retrouvez l’analyse macroéconomique complète ici.


