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Moins de livres, plus de dollars dans les exportations américaines de poudre de lait

Les exportations américaines de NFDM et de poudre de lait écrémé ont reculé de 6,3 % de janvier à juillet, tandis que leur valeur progressait de 7,9 %.

Jasper Endlich
Jasper EndlichAnalyste produits laitiers et huiles
14 septembre 20263 min de lecture

L’écart entre les prix américains et étrangers de la poudre de lait s’est de nouveau creusé. Le NFDM spot au CME s’établit à 1,94 USD/lb, contre 1,66 USD/lb pour la poudre de lait écrémé néo-zélandaise du GDT Contract 2, les prix européens se situant eux aussi sous le niveau américain. La forte prime américaine observée en début d’année s’était réduite au fil de l’été. Elle est de retour.

Les contrats déjà en place font que les expéditions à l’export ne réagissent pas du jour au lendemain aux prix spot. La question la plus utile est donc de savoir ce que les usines américaines ont réellement fabriqué, et où cette marchandise est partie.

Plus de NFDM, moins de poudre de lait écrémé

La production américaine combinée de NFDM et de poudre de lait écrémé a progressé de 4,3 % sur les sept premiers mois de l’année, mais les deux produits ont évolué en sens inverse. La production de NFDM a augmenté de 10,6 % tandis que la poudre de lait écrémé reculait de 19,1 %, ramenant sa part du total de 21,2 % à 16,4 %. Ce n’est pas une séparation stricte entre marché intérieur et exportation, mais la poudre de lait écrémé est le produit le plus étroitement associé aux spécifications d’export : le mouvement traduit donc une orientation accrue vers le marché intérieur.

Les chiffres d’exportation vont dans le même sens. Les expéditions combinées de NFDM et de poudre de lait écrémé ont reculé de 6,3 %, à 810,8 millions de livres de janvier à juillet, celles de juillet étant en baisse de 23,1 % sur un an. La valeur de ces exportations a suivi le chemin opposé, en hausse de 7,9 % à 1,23 milliard USD, la valeur moyenne à l’export passant de 1,31 à 1,51 USD/lb. Moins de livres quittent les États-Unis, et jusqu’ici la valeur unitaire plus élevée a fait plus que compenser le volume perdu.

La destination de ces livres a elle aussi changé, et de façon inégale. La Malaisie a pris moins de poudre américaine et davantage de poudre européenne, les Philippines ont acheté plus aux États-Unis et à la Nouvelle-Zélande alors que les livraisons européennes reculaient, et l’Indonésie a pris davantage aux trois origines. Le Mexique reste le point d’ancrage : 462,6 millions des 810,8 millions de livres expédiées de janvier à juillet y sont parties, soit 57 % du total.

Le contexte politique

Tout cela se superpose à un tableau commercial instable. Tard dans la journée du 8 septembre, l’administration Trump a publié des proclamations présidentielles interdisant l’importation de plusieurs produits canadiens à base de lactosérum, à compter du 29 septembre, en remplacement pour l’essentiel des droits de douane de 50 % qui s’appliquaient à ces marchandises. Le même jour, les droits de rétorsion canadiens sur environ 20 milliards USD de biens américains, produits laitiers compris, sont entrés en vigueur.

Le reste du complexe américain se partage selon la même ligne entre matière grasse et protéines. Le beurre est tombé à 1,37 USD/lb sous l’effet d’un lourd excédent d’offre, et les stocks de fromage sont passés au-dessus des niveaux de l’an dernier sans signe de repli. Le NFDM et la poudre de lactosérum se sont raffermis, la demande de protéines laitières continuant de progresser.

Le US Weekly complet de Vesper détaille les mouvements d’exportation destination par destination et ce que la prime sur la poudre implique pour la contractualisation du quatrième trimestre.