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Les stocks invendus de cacao en Côte d'Ivoire plafonnent les prix

Les contrats cacao ICE ont reculé de 7 à 8,5 % cette semaine, des arrivages ivoiriens élevés et un surplomb d'invendus incertain pesant sur les prix.

Justine Rayne White
Justine Rayne WhiteAnalyste cacao et chocolat
12 août 20262 min de lecture

Les contrats à terme sur les fèves de cacao ICE EU ont reculé de 8,5 % sur la semaine pour clôturer à 4 075 £ la tonne sur l’échéance rapprochée de septembre, tandis que le cacao ICE US perdait 7 % à 5 543 $ la tonne. Les deux marchés ont enregistré de forts mouvements sans grande nouveauté fondamentale derrière, ce qui n’a rien d’inhabituel à ce stade de la campagne, même si les récents points bas ont attiré un peu de couverture.

Une demande plus faible fait partie de l’explication. Les données de broyage du deuxième trimestre sont ressorties contrastées : volumes américains positifs et forte progression en Asie, mais chiffres toujours poussifs en Europe, ce qui traduit une reprise de la demande plus lente que celle observée après les précédents pics de prix. Combiné à l’absence de choc d’offre imminent et de perturbation météorologique majeure à ce stade, cela a ajouté une pression baissière sur les prix.

La question plus large est de savoir combien de cacao reste réellement invendu en Côte d’Ivoire. Les arrivages hebdomadaires commencent à ralentir, comme attendu à ce moment de la campagne intermédiaire, mais les volumes restent supérieurs de plus de 20 % à ceux de l’an dernier, atteignant 1,992 million de tonnes au 9 août. Le Conseil du café-cacao ivoirien a désormais achevé son programme de rachat du cacao immobilisé dans les entrepôts des coopératives, ajoutant 100 000 tonnes supplémentaires au total acheté. Mais les estimations de marché du volume encore invendu restent bien supérieures à ce que couvrait ce programme, et une réelle incertitude subsiste sur la part de ce stock résiduel qui conserve encore sa qualité. Ce surplomb, ajouté à des arrivages élevés, explique en grande partie la pression sur les prix.

Le positionnement des fonds reflète le même manque de conviction : les dernières données de la CFTC, pour la semaine close le 4 août, montrent que le Managed Money a ajouté un modeste 2 213 lots à une position nette vendeuse de 11 914 lots, à peu près là où elle se situe depuis début juillet.

El Niño fait contrepoids. Le renforcement de l’épisode maintient les marchés agricoles en alerte et, si les conditions en Afrique de l’Ouest ne sont pas encore remarquables, il crée un plancher de prix plus élevé sur le cacao, le sucre et le café à la fois. Le régulateur ghanéen COCOBOD a par ailleurs signalé que la production 2026/27 pourrait reculer jusqu’à 16 % sous l’effet de la météo, des cycles de rendement des arbres, des maladies et de l’orpaillage illégal empiétant sur les terres cacaoyères, même si toute estimation aussi tôt dans la campagne comporte une large marge d’incertitude.

Cet article fait partie d’une analyse de marché Vesper plus large consacrée au marché mondial du cacao. Pour l’analyse complète, rendez-vous sur : https://app.vespertool.com/market-analysis/3319