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Les mélanges protéinés défient la mainmise du lactosérum sur la nutrition sportive

Les marques de nutrition sportive reformulent autour de mélanges protéinés moins chers, le lactosérum restant cher, en intégrant MPC 85, MPI 90 et caséinate.

Jasper Endlich
Jasper EndlichAnalyste produits laitiers et huiles
21 août 20262 min de lecture

Le concentré de protéines de lactosérum est depuis longtemps la référence en nutrition sportive pour son absorption rapide, idéale pour le marché de l’après-entraînement sur lequel il a bâti sa réputation. Mais avec des prix élevés depuis plusieurs années et un consommateur moyen de protéines qui n’est plus seulement un public d’après-séance, les marques reformulent de plus en plus autour de mélanges plutôt qu’autour du seul lactosérum.

La liste des ingrédients qui apparaissent dans ces mélanges est longue : concentré de protéines de lait 85, isolat de protéines de lait 90, albumine d’œuf, caséine micellaire, caséinate de calcium, lait ultrafiltré, et des grades inférieurs de concentré de protéines de lactosérum comme le WPC70, le WPC60 et le WPC50. Les protéines végétales comme le pois, le soja et le riz apparaissent moins souvent, freinées par le goût, mais les alternatives issues du lait affichent une teneur en protéines proche du WPC80, voire de l’isolat de protéines de lactosérum, pour une fraction du prix, parfois la moitié.

Le mouvement est encore en cours plutôt qu’acquis. Les producteurs ont continué d’ajouter de la capacité en lactosérum alors même que les acheteurs cherchent à le contourner, et l’équilibre entre offre et demande qui en résultera devrait s’éclaircir dans les prochaines semaines.

Le marché laitier sous-jacent fait sa part pour maintenir la pression sur les formulations riches en lactosérum. Le beurre américain a encore reculé de 5 % sur la semaine, l’offre mondiale de matière grasse laitière restant abondante, une baisse renforcée par un nouveau repli des prix à l’enchère GDT de cette semaine. Le NFDM est allé dans l’autre sens, en hausse de 5 % sur la semaine, les transformateurs privilégiant de plus en plus la vente de lait frais et ultrafiltré plutôt que son passage par la tour de séchage. Cette divergence entre des prix de matière grasse en baisse et des prix de protéines en hausse pour la poudre de lait fait écho à un schéma observé plus tôt cette année, quand il avait fallu plusieurs mois pour que l’équilibre se dénoue.

Pour les acheteurs encore engagés sur le lactosérum, la tendance à la reformulation qui se joue autour d’eux mérite une attention soutenue : chaque marque qui substitue avec succès ne serait-ce qu’une partie de sa teneur en lactosérum modifie la demande d’un marché qui manque de répit.