L’USDA a de nouveau abaissé son estimation des surfaces semées en arachide aux États-Unis pour la récolte 2026, dans son rapport Crop Production du 12 août, plaçant les surfaces en recul de 27 % sur un an. C’est une révision brutale par rapport à juin, où le chiffre ressortait en baisse de 21,8 %. La production est désormais prévue à 2,709 millions de tonnes, soit un repli de 25 %, avec 63 % de la récolte notée bonne à excellente au 30 août et 36 % en situation de sécheresse.
L’offre, pourtant, a rarement paru aussi lourde. Les stocks de report se situent à près de 1,6 million de tonnes, le plus haut jamais atteint pour la récolte américaine, et la demande va dans le mauvais sens : l’USDA a fait état d’une utilisation d’arachide alimentaire par les industriels américains en recul de 1,63 % sur l’ensemble de la campagne de commercialisation 2025, avec des baisses en confiserie comme en snacking et en beurre d’arachide.
Il en résulte un marché qui valorise cette année et la suivante de façon complètement différente. Les arachides redskin de qualité alimentaire à expédier jusqu’à la fin de cette année se situent entre le bas et le milieu de la fourchette des 0,50 $, tandis que les arachides décortiquées de la récolte 2026, pour janvier 2027 et au-delà, se tiennent solidement entre le bas et le milieu de la fourchette des 0,60 $, sur très peu d’activité à l’achat. Les producteurs sont haussiers, du fait de la coupe des surfaces et de la fermeté des prix du coton, et la filière a besoin que les surfaces progressent d’au moins 15 % en 2027 pour se rééquilibrer, ce qui suppose que l’arachide reprenne du terrain à un marché du coton vigoureux.
L’amande est bien vendue, la pistache face à un décrochage
Les amandes ont terminé la campagne 2025 sur des réceptions de 2,694 milliards de lbs, tout juste sous le chiffre de 2024. En retenant l’estimation de pertes et d’exemptions de 2 % de l’Almond Board, le report ressort à près de 494 millions de lbs, soit environ 19 % des expéditions, à l’intérieur de la fourchette de 15 à 20 % que la filière californienne juge saine. La Californie a vendu 92,1 % de son offre totale, contre une moyenne quinquennale de 89,7 %, et les engagements sur la récolte en cours dépassent de 14,3 % ceux de l’an dernier. Les expéditions domestiques sont le point faible, en baisse de 11,3 % en cumul annuel, avec un volume mensuel proche de 50 millions de lbs qui ressemble désormais au nouveau socle. Les prix sont au plus haut depuis plus de huit ans, ce qui fait hésiter certains acheteurs sur les engagements longs.
Les pistaches ont connu l’année inverse. Les expéditions cumulées à fin juillet progressent de 19,7 %, portées par des exportations en hausse de 26 %, et les prix se sont raffermis malgré une récolte record de 1,6 milliard de lbs de réceptions. Le problème est l’an prochain : la récolte 2026 est estimée à seulement 600 à 800 millions de lbs. L’alternance de production suggère ensuite un retour vers 1,8 à 2,0 milliards de lbs en 2027.
Ailleurs, c’est le cycle des récoltes qui fait le travail. La récolte 2026 de noix de cajou de l’hémisphère Nord s’est achevée 10 à 12 % sous celle de l’an dernier, avec des rendements de décorticage inférieurs de 2,0 à 2,5 lbs, ce qui limitera l’offre de noix de cajou de qualité supérieure sur le second semestre. L’offre de noisettes paraît confortable, la Black Sea Exporters Association comptant une récolte turque de 804 000 tonnes contre 704 000 pour l’estimation plus prudente du ministère turc de l’Agriculture, mais les exportations turques sont tombées à 196 000 tonnes cette campagne, contre 308 000, et les expéditions annuelles devraient rester sous 200 000 tonnes, contre une moyenne de 300 000. La production de noix de macadamia se redresse fortement, avec l’Afrique du Sud autour de 93 000 à 95 000 tonnes NIS et l’Australie à 56 000 à 58 000, et la Chine a ramené à zéro son droit d’importation sur le produit sud-africain, contre 12 % auparavant.
Informations rapportées par ofi.


