L’été est normalement la saison creuse du fromage, avec des échanges qui s’amenuisent sur toute la ligne. Cette année ne suit ce schéma qu’à peine plus fidèlement que les autres : la demande de juillet est restée nettement soutenue, les prix évoluent latéralement voire à la hausse plutôt qu’à la baisse, et les gros acheteurs industriels sécurisent déjà leurs volumes de fromage pour le quatrième trimestre.
Le cheddar reste le moins cher des grands fromages en Europe, écoulant encore l’excédent constitué pendant le pic laitier de printemps, quand un lait abondant et bon marché avait poussé les producteurs vers une forte production de cheddar. Cette production supplémentaire s’est déjà interrompue depuis que le lait spot s’est raffermi, et la relative facilité de stockage du cheddar signifie qu’une moindre part de l’excédent doit arriver d’un coup sur le marché spot. Le cheddar américain se traite avec une décote significative face aux niveaux européens, assez compétitif pour tenir sa position à l’export face à l’Europe et à la Nouvelle-Zélande, porté par une offre intérieure solide.
L’emmental est repassé en prime sur les autres fromages, une prime plus faible cependant que sa norme historique, le stock constitué pendant la fenêtre de lait bon marché du deuxième trimestre s’écoulant encore. Le gouda tient mieux que d’habitude pour cette période : les producteurs disposent de lait en abondance mais rechignent à engager du volume à terme sans prime, ce qui pousse les gros acheteurs industriels vers des engagements plus importants sur le quatrième trimestre, et dans certains cas jusqu’au premier trimestre de l’an prochain. La mozzarella reste le fromage le plus cher de l’ensemble des deux côtés de l’Atlantique, portée par son pic de demande estival habituel, avec une production européenne à pleine capacité et des prix américains qui suivent le marché européen à la hausse, avec une décote.
Le fil conducteur du quatrième trimestre est une conviction partagée côté acheteurs : certains sont à l’aise pour sécuriser des volumes de fromage à la prime à terme actuelle, tandis que les négociants hésitent à se mettre à découvert face à ces offres, peu convaincus que la prime soit déjà suffisante. Le niveau des prix sur le reste de l’année dépendra largement de la quantité de lait qui se présentera réellement, et pour l’instant elle s’annonce encore abondante.
Cet article fait partie d’une analyse de marché Vesper plus large consacrée au marché du fromage. Pour l’analyse complète, rendez-vous sur : https://app.vespertool.com/market-analysis/3300


