Les contrats à terme sur le café, sur l’échéance active de décembre, ont reculé d’environ 6 % d’un mardi à l’autre, pour repasser sous 3 $ la livre après un plus haut atteint plus tôt dans la semaine. Sucafina avait anticipé une semaine plus tôt à la fois le sommet et le repli, et a globalement vu juste.
C’est l’élection brésilienne qui a tout déclenché. La victoire de Lula sur Flávio Bolsonaro au second tour a créé la surprise, et le réal s’est nettement déprécié lundi, passant de 4,95 à 5,60 réais pour un dollar, avant de se redresser à 5,34 mardi. Pour un producteur brésilien, ce calcul compte davantage que le prix en dollars : au plus fort du mouvement de lundi, la valeur de son café en monnaie locale avait progressé d’environ 13 %. Lors d’une campagne excédentaire, un tel mouvement déclenche des ventes presque immédiatement, quoi que le producteur pense de la situation politique.
C’est bien ce qui s’est produit. Les ventes des producteurs brésiliens ont fait reculer les contrats à terme tout au long de lundi et mardi, jusqu’à les ramener sous 3 $ la livre. Sucafina s’attend à un nouveau repli avant que le marché ne trouve un soutien, alors que les informations sur l’arrivée en Europe de nouveaux stocks certifiés restent rares.
Après le résultat, les perspectives économiques du Brésil dans leur ensemble paraissent plus fragiles aux yeux des producteurs. C’est le prix dans leur propre monnaie qui décide s’ils vendent, et cette semaine, il poussait à vendre.
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